Sur Internet, les commentaires affluent. Parce que les gens aiment bien les morts. Un décès, ça permet de compatir à la douleur de la famille, d'y aller de son petit message plein d'empathie. Un décès, c'est con, mais ça permet de se sentir vivant. Surtout quand le défunt est célèbre. Même Alain Delon ce matin sur Europe 1 a déclaré combien il était peiné de cette disparition, c'est vous dire.
Pour ma part, cela ne va pas vous surprendre, je n'étais pas pour ainsi dire fan des 2 be 3. La simple évocation de ce groupe me rappelle les heures les plus sombres de ma carrière radiophonique. A l'époque, j'officiais sur une radio de jeunes. Vous savez, celle qui n'arrête pas de baisser dans les sondages depuis quelques temps. Une radio en trois lettres avec une grosse panthère. Bref, en ce temps là, les 2 Be 3 étaient au sommet de leur carrière. Leur tube du moment passait pratiquement une fois par heure sur l'antenne, un truc de dingue. Le soir, il m'arrivait de m'endormir avec ce refrain lancinant dans le crâne. Un cauchemar qui a duré toute une saison. Après, je suis parti sur d'autres ondes et tout s'est arrangé.
En écrivant ces lignes, je me dis que la disparition de Filip Nikolic marque la fin d'une époque, et peut-être également, le début d'une nouvelle nostalgie : celle des années 90.
Ne vous faites aucune illusion, vous n'y échapperez pas. Après le revival des sixties, des seventies, des eighties, le retour en force de la dernière décennie du millénaire nous pend au bout du nez. C'est comme ça. L'humain possède en effet l'incroyable faculté de regretter le passé, parce qu'avant quand même, ah ben c'était mieux, hein !
Dans quelques temps, Radiohead, Oasis ou Massive Attack deviendront à leur tout "vintage". Émus, nous nous souviendrons du jour où pour la première fois, nous avons branché notre modem 56 k pour naviguer sur la toile, des films de Cédric Klapisch, de Luc Alphand et de l'équipe de France de foot, champions du monde.
Moi-même, il m'arrive de verser une petite larme quand j'entends Nathalie Imbruglia à la radio, ou bien encore lorsque je retombe par hasard sur une ancienne facture de mon forfait Ola de France Télécom.
Nonobstant cet élogieux plaidoyer sur les années 90, je tiens à vous mettre en garde d'une chose : Le prochain qui me parle encore des 2 Be 3, je lui fais bouffer ma boite de boules Quies !

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